Appel à contribution
Colloque interdisciplinaire organisé par
l’École doctorale de droit public et de droit fiscal
Centre Mahler, Amphithéâtre Georges-Dupuis
18 septembre 2009
- APPEL A CONTRIBUTIONS -
Cette journée, organisée par l’École doctorale de droit public et de droit fiscal de
l’université Paris 1, vise à réunir des chercheurs jeunes ou confirmés, de différentes
disciplines, travaillant sur le thème de l’identité de la personne humaine.
Comité scientifique et d’organisation
Géraldine Aïdan, doctorante CERAP, université Paris 1
Émilie Debaets, doctorante CRDC, université Paris 1
Comité scientifique de parrainage
(en cours de constitution)
Mme Catherine Labrusse-Riou, Professeur CRDST, université Paris 1
M. Bertrand Mathieu, Professeur, Directeur du CRDC, université Paris 1
M. Étienne Picard, Professeur, CERAP, université Paris 1
Annonce
L’expression « identité de la personne humaine » se rencontre dans la plupart des
sciences humaines, sociales et médicales et peut viser une multitude de significations.
La riche actualité concernant l’identification de certains individus par l’utilisation des
données biométriques, des fichiers, du « profilage » ou encore des statistiques
ethniques se rattache à l’une d’entre elles.
La définition que nous retiendrons ici du concept d’identité de la personne humaine
est l’ensemble des manifestations de la vie physique et psychique de l’individu, saisis
dans le droit positif pour identifier les destinataires des normes juridiques, notamment
celles attribuant à ces derniers le bénéfice de droits à être protégés dans leur
« sentiment d’être soi ». La définition comporte ainsi un versant « objectif » centré sur
le problème des techniques juridiques et critères d’identification et un versant
« subjectif », renvoyant à certains aspects de la personne liés au sentiment d’être soi,
examiné ici à travers la première question, celle de l’identification des destinataires.
L’ IDENTITE DE LA PERSONNE HUMAINE EN DROIT
C’est ainsi que dans le droit positif, l’identification des personnes physiques,
destinataires de la norme juridique, résulte de la prise en considération de divers
aspects liés à la personne humaine : nom, prénom, âge, sexe biologique, sexe
psychologique, données génétiques, données biométriques, nationalité, appartenance
et/ou sentiment d’appartenance à une ethnie, à une religion… Ces critères varient en
fonction de la norme juridique : de la nature de la prescription, de sa finalité, du type et
du nombre de destinataires visés... En effet, ces éléments sont différents selon qu’il
s’agisse de l’identification des personnes présentes sur le territoire dans le but de les
reconnaître comme sujets de droits, de l’identification des étrangers dans le cadre de la
lutte contre l’immigration irrégulière, de l’identification de certaines populations dans
le cadre de la prévention des atteintes à l’ordre public et de la recherche des auteurs
d’infractions, de l’identification d’un profil d’individus dans le but d’établir un acte
juridique, de l’identification d’une personne par ses empreintes génétiques à des fins
médicales ou de recherche scientifique, de l’identification des origines personnelles
dans le but de protéger le droit fondamental au respect de la vie privée…
Certains aspects des phénomènes visés par « l’identité de la personne humaine » se
trouvent saisis par de nombreux concepts du droit positif et de la doctrine (« identité
personnelle », « identité génétique », « identité humaine », « respect de la vie privée »,
« dignité de la personne humaine », « liberté personnelle »...) et peuvent s’analyser à
partir de diverses conceptions. Ils peuvent par ailleurs relever de la réalité factuelle ou
juridique selon qu’ils sont ou non déjà qualifiés juridiquement. Aussi, comment au delà
de l’intuition ou du sens commun, reconnaître ces phénomènes visés dans la réalité
matérielle ?
Le recours à certaines sciences médicales (génétique, immunologie,
psychiatrie,…), humaines (philosophie, psychanalyse…) et sociales (anthropologie,
ethnologie, histoire, sociologie, sciences politiques...)
se donnant pour objet un aspect
des éléments visés par notre concept d’identité de la personne humaine permettra donc
une meilleure connaissance de cette réalité matérielle afin d’éclairer la signification
qu’il convient de donner aux divers énoncés normatifs (« empreintes génétiques »,
« sexe psychologique », « identité psychique », « identité sociale », « identité ethnique »,
« identité culturelle »…) et d’évaluer leur interprétation par les organes d’application
(législateur, administration, juge).
Dès lors, cette journée d’étude sera l’occasion au-delà de ce sujet singulier,
d’analyser le rapport que le droit entretient avec une partie du réel tel qu’il est saisi
également par ces différentes sciences extra juridiques.
L’approche sera triple :
1) Qu’est ce que l’identité de la personne humaine pour le jurislateur, c’est à
dire à quels phénomènes le concept du droit positif « identité » renvoie t-il ?
2) Le concept d’identité de la personne humaine tel que nous l’avons défini
existe t-il dans le droit positif et comment alors les normes qui l’utilisent sontelles
construites : existe-t-il des normes juridiques explicites ou implicites
d’identification des destinataires ? Comment les normes juridiques saisissentelles
la personnalité et le « sentiment d’être soi » de l’individu ?...
3) Comment les sciences humaines, médicales et sociales définissent-elles et
saisissent-elles les manifestations de la vie physique et psychique que le droit
prend en compte pour identifier les destinataires des normes juridiques ? Quels
sont, selon ces disciplines, les éléments constitutifs de la personnalité de
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l’individu et, spécialement, de son « sentiment d’être soi » ? Quelles sont les
techniques, à l’intérieur de ces sciences, d’identification des individus ?
La réponse à ces questions permettra notamment d’évaluer la pertinence des
concepts doctrinaux actuels saisissant notre objet de recherche (sont-ils de bons
concepts au regard de la spécificité et de l’évolution apparente des phénomènes saisis
?). Elle offrira aussi la possibilité d’apprécier les axes de classements utilisés par la
doctrine juridique (identité vécue/identité imposée, identité psychologique/identité
biologique, identité individuelle/identité collective…) éclairés alors par les concepts
propres aux disciplines retenues : « soi/non-soi », « continuité », « soi-même »,
« appropriation subjective », « ipse/idem », « identité narrative »… Enfin, la
confrontation des points de vue des sciences humaines, sociales et médicales à ceux des
sciences juridiques permettra de repérer l’existence de phénomènes présents dans la
sphère juridique et dans celles des autres disciplines et ainsi de révéler les aspects de
l’identité de la personne humaine auxquels le droit a choisi d’imputer des effets
juridiques : sexe vécu, données génétiques, sentiment d’appartenance religieuse,
troubles psychiques caractérisant la personne victime d’un préjudice réparable…
L’objectif de cette journée d’études est donc d’analyser au regard de ces sciences
extra juridiques comment notre système juridique organise l’identification des
destinataires des normes et de déterminer les contours, en droit, du « sentiment d’être
soi ».
Fréquemment analysée en droit privé où elle constitue un thème fondamental, la
question de l’identité de la personne humaine n’a été que peu traitée en droit public.
Pourtant, une rapide analyse des textes et de la jurisprudence française et européenne
révèle que c’est bien souvent à partir d’un droit fondamental (notamment le droit au
respect de la vie privée et ses déclinaisons) ou de l’ordre public que celle-ci est posée
par le jurislateur. C’est donc sous un angle de juristes publicistes que nous aborderons,
lors de cette journée, l’analyse du concept d’identité de la personne humaine.
De manière plus générale, cette manifestation permettra de répondre à des questions
méthodologiques qui se posent lors d’un travail de recherche scientifique,
de renforcer
l’échange entre les disciplines
sur des thèmes de recherche similaires et enfin de
valoriser les travaux scientifiques des jeunes chercheurs.
Sciences retenues pour cette journée d’étude interdisciplinaire
Sciences médicales
: génétique, immunologie, psychiatrie
Sciences humaines
: philosophie, psychanalyse
Sciences sociales
: sciences politiques, anthropologie, histoire, ethnologie, sociologie
Organisation scientifique
Cette journée d’étude réunira des contributions de chercheurs, jeunes ou confirmés,
qui travailleront par binômes composés d’un chercheur juriste et d’un chercheur d’une
des autres disciplines retenues. Ce dernier pourra appréhender un des aspects du concept
d’identité de la personne humaine (manifestations de la vie physique ou psychique,
sentiment d’être soi) ; le chercheur juriste analysera comment cet élément est alors traité
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dans le droit positif. Le travail de chacun des sept binômes sera présenté dans des
contributions de 40 minutes (soit 20 minutes pour chaque membre). Le résultat de cette
collaboration fera ensuite l’objet d’une discussion approfondie, encadrée scientifiquement
par des professeurs juristes et des professeurs d’autres disciplines participant à cette
journée d’étude ; les actes pourront faire l’objet d’une publication dans une revue
scientifique.
Conditions et modalités de participation
Les propositions de communications, (2 500 signes maximum), accompagnées d’un
C.V. sont à adresser aux organisateurs avant le
02 mai 2009 à l’adresse mail suivante
colloqueidentitépersonnehumaine@yahoo.fr
Le choix des propositions sélectionnées sera transmis avant le 16 mai. La version
finale des communications (50 000 signes maximum) devra être envoyée pour le 3
septembre 2009.